Une interview transsexuelle (sans vampires)
Vu que c'est mon auteure qui l'a écrit, et que ça correspond parfaitement à la thématique «Sexe, Genre & Fusil à pompe», je voulais faire un peu de pub pour le nouveau roman de Lizzie Crowdagger, Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires).
Bon, en vrai le terme «roman» est un peu fallacieux, puisqu'il s'agit en fait de trois histoires, qui se suivent tout de même plus ou moins et ont toute pour narratrice et héroïne Cassandra, dont on peut voir l'évolution au fil de son journal.
Cassandra que j'ai, en exclusivité internationale, interviewée pour vous.
Bonjour, Cassandra. Est-ce que tu peux présenter ce livre en quelques mots ?
Il s'agit d'extraits de mon journal, qui vont de la période entre novembre 2008 et juin 2009, période qui correspond à peu près à celle où j'ai découvert Lille et les Hell B☠tches. Ça correspond aussi à un moment assez charnière de ma vie.
Comme le titre l'indique, tu parles notamment de ton parcours transsexuel ?
C'est ça. Je parle de choses comme l'accès aux hormones, les difficultés par rapport à l'administration, mais aussi comment j'ai fini par avoir entre les jambes quelque chose qui correspondait vraiment à mon identité. (Spoiler : une Harley)
Sinon, tu es aussi lesbienne. C'est dur à faire accepter, qu'on est lesbienne et trans ?
Pour certaines personnes, oui. Il y a certains crétins qui pensent qu'une meuf transsexuelle reste une sorte de «pédé», alors du coup, si on est attirée par les meufs, ils n'y comprennent plus rien.
Pourtant, ton livre montre bien qu'on peut être une meuf trans sans être une tarlouze...
Euh... oui, je suppose. Je ne l'aurais pas exactement formulé comme ça...
Tu choisis d'utiliser le terme «transsexuelle» et pas «transgenre» ou «transidentité». Il y a une raison politique à cela ?
Pas vraiment, à part que je trouve que «transsexuelle» sonne mieux.
Parce que dans «transsexuelle», il y a «Hell» ?
Euh... Oui, si tu veux...
Parce que dans ton récit, tu racontes comment tu as rejoint les Hell B☠tches – un gang de lesbiennes surnaturelles. Est-ce que tu as pourrais présenter ce groupe ?
Officiellement, on est une association communautaire lesbienne. Ça passe mieux que «gang de gouines bikeuses hors-la-loi, composé surtout de vampires et de louves-garous».
Avec le fait que ce soit réservé aux lesbiennes, est-ce que tu as eu l'impression d'avoir du mal à être acceptée, parce que tu étais transsexuelle ?
Non, pas vraiment. Ce qui est bien avec les vampires, par exemple, c'est que globalement, j'ai l'impression qu'elles accordent moins d'importance à la biologie, vu que ça veut dire «sciences de la vie» et qu'elles ne font pas partie de la vie. (Quoique, certaines vampires trouvent important que leurs amantes aient des règles, je n'ai jamais trop compris pourquoi exactement ?)
C'est plutôt le fait d'être une «pathétique mortelle» (sic) qui est mal vu, en fait.
En lisant ce que tu as écrit, on voit que le fait d'être considérée comme une femme fait qu'on est régulièrement la cible de comportements déplacés de la part de certains mecs. Tu dirais que c'est un livre féministe ?
Pour être honnête, je ne sais pas. Dans l'absolu, oui, je pense, mais j'ai un peu de mal à me considérer comme «féministe», ces derniers temps...
Pourquoi ça ?
Tu sais, le slogan, «le féminisme n'a jamais tué personne» ? Dans le gang, ce n'est pas tout à fait notre crédo.
Ce qui nous amène à la partie la plus intéressante du triptyque «Sexe, Genre & Fusil à pompe». En te lisant, j'ai l'impression qu'on voit une certaine évolution de ta part sur la question de la violence...
Oui, j'imagine. À force de prendre des coups, on finit par se dire qu'il n'est pas illégitime de les rendre. Je pense que le sujet de la violence est intéressant, parce qu'on voit bien l'espèce de double standard auquel on est confrontée, où toute réaction violente est condamnée, tandis qu'on subit continuellement...
Excuse-moi de t'interrompre, mais je ne voulais pas parler de l'aspect théorique et politique de la chose, mais plutôt de l'aspect pratique. Allez, entre nous, tu préfères quoi ? Un revolver à gros calibre ou un fusil à pompe ?
Je ne sais pas si c'est vraiment le sujet qui mérite le plus d'être creusé...
Le revolver, y'a ce côté far west que j'aime bien, mais le fusil à pompe fait ce magnifique «schlack-schlack» quand tu le recharges, c'est quand même vachement bandant, non ?
...
D'ailleurs, est-ce que tu arrives à recharger un fusil à pompe d'une seule main ?
Je crois qu'on va arrêter cette interview, d'accord ?
Merci Cassandra pour cet échange ! Et ne t'en fais pas, moi aussi il m'a fallu pas mal de temps avant de réussir à recharger un fusil à pompe d'une seule main !

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