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Shopping

22 octobre 2011

Aujourd'hui, je suis allée faire du shopping, histoire de m'acheter de nouvelles fringues.

Je suis entrée dans un magasin qui propose plein de trucs chouettes, et je me suis promenée dans les rayons sans trop réussir à me décider, entre les petits hauts sexy, les débardeurs classes, les tee-shirts sympas ; entre les jupes mini – d'habitude je mets pas de jupe, mais là j'avais envie de faire une exception – ou les jeans moulants, ou encore les pantalons plus originaux et vraiment biens.

Il proposait des trucs chouettes, ce magasin, vraiment chouettes.

Donc j'ai flâné, j'ai traîné, j'ai regardé, et ensuite j'ai voulu essayer.

Et là, ça a été le drame.

Les petits hauts sexy, les débardeurs classes, les tee-shirts sympas, les jupes mini, les jeans moulants,  les pantalons plus originaux et vraiment chouettes, tout ça avait un point commun, oh, un tout petit défaut : je ne rentrais pas dedans. Pas du tout. Mais alors vraiment pas. Genre, la plus grande taille du magasin qui est à peu près dix tailles en-dessous de la mienne, voyez ? Parce que je suis un peu grosse, il paraît, enfin, moi je trouve que je suis normale et que les autres sont rachitiques, mais apparemment j'ai un point de vue minoritaire.

Du coup, je me suis rabattue sur le rayon pour grosses, pardon, le rayon «grande tailles», faudrait pas heurter les grosses. Faudrait pas non plus leur proposer des fringues mettables : dans le rayon pour grosses, plus de hauts sexy, plus de débardeurs classes, plus de tee-shirts sympas, plus de jupes minis, plus de jeans moulants, plus de pantalons originaux. Non, la grosse, faut cacher son corps, lui filer des trucs longs et moches. Je sais pas qui sont les créateurs de fringues pour grosses, mais apparemment ils doivent s'imaginer que les grosses sont toutes des hippies, je sais pas trop pourquoi.

Bref, je suis sortie du magasin un peu déprimée et je suis allée m'asseoir dans ma voiture, que j'avais garée juste à côté, et je me suis dit : «Lev, si tu veux te fringuer, tu devrais peut-être songer à virer hippie».

Et puis après je me suis reprise et je me suis dit «non, faut pas déconner», et j'ai attrapé le Gros Machin qui était à côté de moi, avant de l'enfiler. Gros Machin, c'est un nom affecteux ; oui, je suis du genre à donner des petits noms aux objets que j'aime bien.

Ensuite, je suis retournée dans le magasin. En me voyant entrer, comme j'étais de dos, le vigile a fait une petite confusion, et il m'a dit :

«Monsieur ! Vous ne pouvez pas entrer avec un sac à dos !»

Je me suis retournée, déjà un peu énervée par le manque de fringues classes pour grosses de ce magasin, et j'ai corrigé ce malappris :

«Je ne suis pas un Monsieur, espèce de glandu décérébré, et Gros Machin n'est pas un putain de sac à dos.»

Effectivement, si vous suivez mon blog, vous aurez compris que,  je suis une grosse gouine butch et que, si je me fais régulièrement appeler «Monsieur», je n'en suis pas un pour autant et j'aime pas franchement qu'on m'appelle comme ça.

Par contre, je ne crois pas vous avoir présenté Gros Machin avant. Gros Machin est un lance-flammes, et pas du tout un sac à dos, même si, de derrière, je peux comprendre la confusion.

Histoire que ce soit bien clair pour le vigile, je lui ai balancé un jet de napalm à quelques centimètres de la gueule, et il s'est barré en courant, la moitié de ses cheveux roussis.

Après quoi, j'ai sorti un cigare de la poche de mon blouson et je l'ai allumé avec la veilleuse de Gros Machin.

«Bon, c'est parti», ai-je ensuite dit à voix haute.

Après quoi, je me suis mise au travail, de manière méthodique et rigoureuse. Les hauts sexy que seuls les minces peuvent porter ? En flammes. Les débardeurs classes interdits aux grosses ? En cendres. Les tee-shirts sympas qui s'arrêtent au 42 ? Brûlés.   Les jupes minis, en longueur comme en tour de taille ? Volatilisées. Les jeans qui ne peuvent mouler que les corps sans graisse ? Cramés. Les  pantalons originaux et chouettes que je ne pourrais jamais porter ? Ben personne d'autre ne le pourra non plus.

Et puis les fringues moches de hippies pour grosses, destinées à cacher nos bourrelets, notre gras, nos rondeurs et notre grosseur ? Elles ont subi le même sort, définitivement incendiées.

Ensuite, alors que toutes les alarmes s'étaient déclenchées et que tout le monde était parti en hurlant depuis un certain temps, je suis ressortie du magasin, et, en chemin, j'ai pris le temps de me regarder dans un grand miroir que la chaleur n'avait pas encore fait exploser. Et je me suis dit que, finalement, ce que j'avais sur le dos m'allait plutôt bien.

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5 Commentaires sur “Shopping”

  1. :D Je te ferais bien une déclaration d’amour enflammée mais ce serait mal venu, autant pour toi que pour moi ^^

  2. LOL j’adore !
    à croire que c’est facile pour personne de s’habiller… De mon côté ce sont mes grosses cuisses qui ne trouvent jamais pantalon à leur pied lol

  3. Et moi je suis hippie. Hippie méchante, hippie détruite, mais hippie à mort. Eh bien je signale que dans les magasins de fringues ordinaires, je veux dire les prêt à porter, ben y a rien non plus pour une hippie. C’est tout comme les couleurs des voitures actuelles, terne et moche, beigeasse, noir ou bordeaux, à dégueuler.

    Ou sinon c’est carrément ridicule, genre le magasin de trucs népalais de la rue commerçante.

    Bref… Et c’est pas pasque je vis à bouseland, pasque quand je vais à Paris, eh ben c’est pareil…

    Le monde est à réinventer, vite fait.

  4. Et moi je suis hippie. Hippie méchante, hippie détruite, mais hippie à mort. Eh bien je signale que dans les magasins de fringues ordinaires, je veux dire les prêt à porter, ben y a rien non plus pour une hippie. C’est tout comme les couleurs des voitures actuelles, terne et moche, beigeasse, noir ou bordeaux, à dégueuler.
    +1

  5. Oui, mais on peut se rassurer, dans mon cora, les strings taille 8 ans sont arrivés.

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