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Interview d’une activiste trans

6 septembre 2011

J'ai rencontré Mel lors d'un «apéro LGBT». J'étais en train de discuter avec une nana cisgenre qui m'expliquait qu'elle avait du mal avec les meufs trans, parce qu'elles voulaient vraiment rentrer dans les normes de féminité, qu'elles étaient trop frivoles, délicates et précieuses, etc.

Derrière elle, tandis qu'elle parlait, je voyais arriver Mel en titubant, avec sa bière (sans doute pas sa première) à la main, son crâne rasé (à l'exception de deux pattes devant les oreilles), sa chemise blanche et ses bretelles rouges, et ses docs montantes à lacets rouges. En s'approchant de nous, elle lâcha un rot tonitruant, et j'ai à peine eu le temps de ranger mon paquet de clopes avant qu'elle n'asperge la table et mon interlocutrice de vomi.

J'imagine qu'elle ne se reconaissait pas dans cette notion de «délicate et précieuse». Je ne vois pas pourquoi.

Toujours est-il qu'on a échangé sur différents sujets, notamment sur la thématique du vomi (je suis toujours déçue de trouver peu d'interlocutrices que cela intéresse), et on est devenues amies. Et puis je me suis dit que, pour nourrir mon blog, je pouvais faire une interview d'elle, histoire d'éclairer le public sur les thématiques trans.

Bonjour, Mel. Peux-tu nous parler de ton association ?

Ça s'appelle Transhead, et c'est la plus grosse association de trans skinheads de France. Peut-être même d'Europe.

Pour les personnes qui ne sont pas au courant, peux tu nous éclairer un peu sur les thématiques trans ? Notamment, quelle est la différence pour toi entre transgenre et transsexuel·le ?

La différence principale, c'est que les transgenres sont des personnes classes, comme moi. Les transsexuel·le·s, bon, voilà, c'est au mieux des collabos, au pire des nazis.

Carrément ?

Pourquoi est-ce que tu crois qu'ils et elles insistent tellement pour écrire «transsexuelLE» avec deux S ? C'est pas louche, ça ?

Mais au-delà... ?

Les personnes transexuelles ont tendance à être obnubilées par ce qu'elles sont entre les jambes. Par exemple, pour prendre des associations locales, la différence entre les «Transsexuells Angels» et nous, c'est qu'on n'a pas besoin d'avoir une Harley entre les jambes pour tenir la rue.

D'accord. En pratique, comment peut-on distinguer une personne transgenre et une personne transsexuelle ?

Facile. Il suffit de regarder la couleur des lacets sur ses rangeos.

Quelles sont vos revendications principales ? Dépsychiatrisation, changement d'état civil simplifié, reconaissance de la transphobie, je suppose ?

Ouais, ça aussi. Mais surtout, un hippie, une triplex.

Merci pour cet entretien, Mel, j'espère qu'il permettra de mieux connaitre ce que sont les revendications trans !

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3 Commentaires sur “Interview d’une activiste trans”

  1. LOL

    Toujours aussi fun de te lire :D

    J’adore ta définition de transtruc et transmachin :
    Des gens qui ont trop la classe !

    Je suppose qu’il ne faut pas dire que c’est une caricature ?

  2. J’aime beaucoup cette version de TransHead, merci!

  3. -!-

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